Le Président de la République s'est rendu au Kenya du 10 au 12 mai 2026 dans le cadre du Sommet Africa Forward. La deuxième journée a débuté par une session plénière d'ouverture du Sommet. Revoir les échanges : Le Président de la République s'est rendu au Kenya du 10 au 12 mai 2026 dans le cadre du Sommet Africa Forward. La deuxième journée a débuté par une session plénière d'ouverture du Sommet. 13 mai 2026 - Seul l...
Le Président de la République s'est rendu au Kenya du 10 au 12 mai 2026 dans le cadre du Sommet Africa Forward. La deuxième journée a débuté par une session plénière d'ouverture du Sommet. Revoir les échanges : Le Président de la République s'est rendu au Kenya du 10 au 12 mai 2026 dans le cadre du Sommet Africa Forward. La deuxième journée a débuté par une session plénière d'ouverture du Sommet. 13 mai 2026 - Seul le prononcé fait foi Emmanuel MACRON Thank you so much. Mr. President, dear William, Your Majesty, Heads of State and Government, Secretary General, Secretary General of [the Pan-African] Parliament, of the African Union Commission, Secretary General of [La] Francophonie, Ministers, Ambassadors, Entrepreneurs, Ladies and Gentlemen. Asante sana. Mr. President. I will switch in French, if you allow me. Le Président a tout dit. Je veux juste rajouter quelques convictions pour qu'ensuite on puisse passer à nos travaux. C'est un nouveau type de Sommet, c'est une nouvelle philosophie, nous allons aller au bout de cette philosophie. D'abord, ce Sommet a commencé par des rencontres de la jeunesse, des entreprises, de la culture, du sport. D’ailleurs, nous allons, juste après cette session, rencontrer des représentants du monde de l'entreprise qui vont nous dire leurs conclusions et on va échanger avec eux. La conviction que je voudrais partager avec vous, c'est que l'agenda que le continent africain et la France doivent avoir, celui auquel en tout cas je crois, n’est en aucun cas de regarder en arrière, ni à gauche ni à droite, comme dirait mon ami le Président RUTO, mais de regarder en effet devant. Ce que je me suis efforcé de faire depuis dix ans, c'est de bâtir une relation qui regarde avec lucidité le passé. On a eu ce travail qui a été fait avec l'Algérie, le Cameroun, le Rwanda et plusieurs autres. Qui regarde avec courage le présent, et qui a restitué les œuvres d'art. Qui veut réinventer la relation monétaire et économique. Qui veut investir dans le sport, dans les industries culturelles et créatives, dans le co-investissement avec le continent. Qui, avec respect, veut être aux côtés de l'Afrique pour son propre agenda. La relation entre l'Afrique et la France, telle que nous la voyons, telle que nous la pensons, telle que nous la mettons en œuvre, est fondée en effet sur la lucidité, le courage, le respect et une volonté d'avoir au fond un agenda partagé. C'est ce qu'on a fait depuis dix ans. On y est longuement revenu hier et je ne veux pas être plus long. Pourquoi je suis convaincu que c'est encore plus vrai aujourd'hui qu'il y a dix ans ? Parce que les défis de l'Afrique et de l'Europe sont les mêmes. Nous voulons la paix, la prospérité, la souveraineté. L'Europe s'est battue pour cela. Elle a construit, après la Deuxième Guerre mondiale, l'Union européenne pour avoir d'abord la paix, puis un marché commun pour avoir la prospérité. Aujourd'hui, l'agenda européen est un agenda d'autonomie stratégique pour ne pas dépendre de la domination ni chinoise ni américaine, et [pour] essayer d'être sur une voie médiane qui respecte le droit international. Qui croit dans l'ordre multilatéral que nous avons bâti. Qui croit dans le commerce ouvert. Qui ne croit pas dans l'hégémonie de quelques-uns sur les autres. Qui croit que la science est la meilleure façon de régler les questions de climat comme de santé. Qui croit à l'Etat de droit. C'est ça, ce que fait l'Europe aujourd'hui. C'est exactement le même défi qu'a l'Afrique. L'Afrique veut la paix, la prospérité, l'indépendance. Le partenariat que nous voulons pour ce Sommet Africa Forward, le partenariat auquel je crois entre l'Afrique et l'Europe, c'est un partenariat au service de la paix, de la prospérité et de cette indépendance, de cette autonomie stratégique. Il est très puissant, et c'est, si nous arrivons à le faire, ce qui nous permettra de rebâtir ensemble un ordre multilatéral qui est tellement bousculé, qui nous fragilise, dont les dérives nous touchent, d'ailleurs, les uns et les autres, et, au fond, d'être une source d'avenir pour chacun. D'abord, la paix, le Président l'a dit, je ne vais pas répéter ce qu'il vient de vous dire. La paix passera, je le crois très profondément, par l'unité du continent africain. Je suis très heureux de voir mes frères ici, chefs d'État et de gouvernement, ministres présents et ayant pris la peine de venir à Nairobi. Je sais vos agendas chargés, je veux vous dire ma gratitude. C'est une magnifique image parce que c'est l'image du continent africain uni. Du Maghreb à l'océan Indien, en passant par le sud du continent jusqu'à l'Afrique de l'Ouest et cette Afrique australe, il n'y a pas plusieurs Afriques et souvent, on a voulu nous séparer sur cela. Il y a un seul continent qui doit être respecté comme tel et porter cet agenda. Ce qui suppose pour nous d'être aux côtés de vous pour être mieux représentés dans les instances financières, mais également onusiennes. Je souscris à tout ce que le Président RUTO a dit. La France défend cet agenda d'une Afrique présente au Conseil de sécurité des Nations Unies. Comme nous nous sommes battus pour que l'Union africaine ait son siège permanent au G20 il y a quelques années, et nous l'avons obtenu. Nous étions quelques-uns au début et on a réussi à faire cela. De la même manière, nous soutenons un agenda — le Secrétaire général l'a ô combien soutenu il y a quelques années — d'une Union africaine qui ait plus de capacités et de mobilisation pour défendre ses opérations de paix et de sécurité et qui, en articulation étroite avec les Nations Unies, peut construire ses propres médiations, à qui l’on donne les moyens de construire ses solutions de paix et de sécurité. Mais l'unité du continent africain, une meilleure représentation, une capacité africaine à bâtir des solutions de paix et de sécurité et une Europe à vos côtés pour aider à financer ces solutions de paix et de sécurité, dans un partenariat de sécurité repensé comme celui que la France a fait ces dernières années avec de nombreux États, c'est-à-dire respectueux de la souveraineté de chaque pays africain, en partenariat étroit mais jamais en substitution, est la clé d'une paix pour le continent. De la même manière, je me félicite que nos discussions de tout à l'heure nous permettront de porter un agenda commun pour lever les blocages, aujourd'hui, que nous avons au Conseil de sécurité, et pour continuer d'avancer pour, en cas de crime de masse, pouvoir avoir des Nations Unies qui avancent et qui décident. La paix. La prospérité, ensuite. Je souscris à tout ce qu'a dit le Président RUTO, donc je ne vais pas le répéter. Il a parfaitement raison sur l'agenda de prospérité du continent. Il est clair, il est simple. Ce qu'on veut faire, ce n'est pas apporter de l'aide. Ce logiciel est passé. Vous le voyez bien, beaucoup d'États du Nord, les uns par idéologie, les autres par difficultés budgétaires, ne vous apportent plus l'aide qui était prévue. C'est une réalité. On doit penser différemment la relation Nord-Sud avec lucidité. D'abord, il faut regarder avec lucidité que la principale source de transfert qui va vers les pays d'Afrique, elle vient des diasporas. Elle vient de toutes celles et ceux qui ont émigré, qui travaillent dur dans beaucoup de pays et renvoient vers leurs familles l'argent. Elle reste supérieure à l'aide qui vient des gouvernements. Mais la logique dans laquelle nous devons rentrer, c'est celle du co-investissement. Et co-investissement pour faire quoi ? Investir dans le capital humain, les talents et cette jeunesse. Bâtir une économie formelle. La grande difficulté de l'Afrique, c'est d'avoir une trop grande partie de son économie qui reste dans l'informel et ne permet pas à des classes moyennes d'émerger et d'avancer. Pour cela, monter dans la chaîne de valeur et être à vos côtés pour structurer une agriculture plus forte et structurer aussi une chaîne industrielle qui fait que l'Afrique ne sera pas simplement un continent de l'extraction des matières premières, des minerais critiques, des terres rares, mais de leur transformation et valorisation, et réussir à vous accompagner dans la transformation et l'investissement en matière d'infrastructures et d'énergie. Talent, économie formelle, montée dans la chaîne de valeur, infrastructure et énergie, tels sont les éléments clés, avec aussi la logique continentale, et qu'a rappelé le Président RUTO à l'instant. C’est d'ailleurs tout ce que les tables rondes qui ont été aujourd'hui portées et sur lesquelles nous discuterons permettront de structurer autour de la santé, de l'agriculture, de l'économie bleue ou de l'intelligence artificielle. Cet agenda d'Africa Forward, cet agenda de croissance, de prospérité, c'est celui aux côtés duquel nous voulons être par une logique d'investissement. C'est là où nous nous retrouvons dans cet agenda de prospérité et de souveraineté. Faire réussir l'Afrique sur le plan économique, lui permettre d'avoir plus de souveraineté, d'autonomie, c'est s'assurer pour les Européens également d'avoir plus d'autonomie stratégique par ce partenariat et de réduire nos dépendances, je dirais, aux deux grandes économies qui veulent en quelque sorte tout capter. Donc cet agenda est commun. Ça n'est pas la France et l'Europe aujourd'hui qui viennent mobiliser la totalité des terres rares, des minerais critiques ou des matériaux pour complètement capturer le marché mondial. Ça n'est ni la France ni l'Europe qui viennent vous donner des impériums en termes de solutions de sécurité. Ne vous trompez plus, ce temps est largement passé. L'agenda européen a pour intérêt de vous voir réussir sur le plan de la prospérité et de la souveraineté parce que c'est le même que le nôtre. Si vous réussissez sur la souveraineté en matière d'intelligence artificielle, d'agriculture ou d'industrie, vous nous aidez à réussir parce que vous nous offrez aussi d'autres solutions, parce que vous offrez un avenir à vos populations, parce que vous réduisez la migration subie, qui est aussi un problème pour vos pays, parce qu'il fait fuir les talents, en même temps qu'il apporte une solution à l'agenda de l'Europe. Je veux ici qu'il y ait un réveil collectif quand on parle de tout ça. Ça n'est pas un agenda univoque d'une Europe qui regarderait l'Afrique comme un continent qu'elle devrait aider, c'est celui d'un partenariat d'égal à égal, parce que vous aider à réussir, c'est la condition pour notre réussite. Nous voulons le faire ensemble, de manière respectueuse, lucide et courageuse. C'est pourquoi, pour le réussir, on a voulu mobiliser les secteurs privés. Hier, on a annoncé, ce qui est une première, grâce à ce forum d'affaires, 23 milliards d'euros d'investissements privés, d'investissements d'entreprises, de fonds d'investissement du secteur totalement privé en Afrique. Ces 23 milliards d'investissements, ce sont 14 milliards d'investissements des entreprises françaises dans les pays africains et neuf milliards d'investissements des entreprises et business leaders africains sur le continent. Cette réalisation en elle-même, c'est un vrai choc qui illustre la force de ce que je suis en train de vous dire et le fait que c'est aussi un sommet d'action. Tout ça doit passer par des choses simples, qu'a dit le Président : un nouveau paradigme de croissance des pays qui développent une stratégie de valorisation de leurs ressources, d'agriculture et d'industrie plus fortes, mais aussi d'une politique fiscale et budgétaire qui soit plus cohérente avec cet agenda. Ensuite, c'est de réussir à mieux mobiliser nos financements internationaux. Le FMI, la Banque mondiale, comme on l'a fait ces dernières années avec les droits de tirage spéciaux, ma chère Kristalina, ensemble, la remobilisation de ces plus de 100 milliards de droits de tirage spéciaux vers l'Afrique pour mieux mobiliser cet argent et un meilleur effet de levier. Comme l'a dit le Président, c'est de bâtir au niveau de l'Afrique une vraie stratégie de garantie sur les premières pertes et de s'appuyer sur l'instrument aujourd'hui dit ATIDI, basé à Nairobi. Qui va permettre justement, c'est ce que nous allons nous engager à faire à vos côtés, la France rentrera au capital d'ATIDI, nous mobiliserons à vos côtés des solutions pour qu'ATIDI puisse jouer son rôle plein et entier à l'échelle du continent pour porter les premières pertes. Cette stratégie, c'est celle d'un nouveau paradigme financier, qui permet de se battre pour la prospérité du continent et pour son autonomie stratégique. Pour le reste, le Président RUTO l’a très bien dit, je vais donc couper mon discours, et au fond, c'est l'illustration physique et en acte du partenariat. Je ne vais pas répéter ce qu'il a dit. Il l'a mieux dit que je ne l'aurais fait. Je m'inscris dans ses paroles et je les endosse. Aujourd'hui, nous allons, dans un instant, nous réunir avec les entrepreneuses et entrepreneurs. Ensuite, pour ces questions de croissance, nous nous verrons sur l'architecture financière. Nous discuterons des solutions de paix et nous allons endosser une série de textes qui vont illustrer cet agenda que je viens de décrire. Après quoi, nous aurons les résultats de ce Sommet Africa Forward, avec déjà ses résultats, ces investissements, nos engagements communs. Puis, avec le Président RUTO, nous irons porter en votre nom au G7 d’Evian, l'agenda que nous aurons défini. Tout au long de l'année, nous allons, auprès des Nations Unies, du FMI, de la Banque mondiale, porter cet agenda commun sur la base du mandat que vous nous aurez donné. C’est pourquoi ce Sommet est aussi, à mes yeux, celui par lequel nous devons définir ensemble une ligne d'action qui doit nous permettre de relever les défis contemporains. Voilà, mes chers collègues, mes chers amis, je ne serai pas plus long. Je veux en tout cas vous dire la gratitude que j'ai à l'égard du Président RUTO pour avoir accepté d'accueillir ce Sommet de nouvelle génération, Africa Forward, la gratitude que j'ai à votre égard, mes chers frères et chères sœurs et mes chers amis, d'être là, d'apporter votre contribution et votre énergie, et vous dire que la France, et avec elle l'Europe, se tiendront aux côtés du continent africain pour bâtir avec lui cet agenda de paix, de prospérité et d'indépendance auquel il aspire. De le faire avec beaucoup de respect et d'humilité, de le faire au service de ce continent qui est le plus jeune du monde et qui, l'année dernière encore, a eu la croissance la plus forte au monde, qui n'est pas simplement un continent d'avenir, mais déjà un continent du présent. Soyez fiers de ce que vous êtes. Moi, je suis très fier d'être à vos côtés et d'essayer humblement de construire avec vous, cet agenda dans lequel nous investirons ensemble et nous réussirons ensemble. Vive l'Afrique et vive l'amitié entre l'Afrique et la France. Merci beaucoup. 13 mai 2026 - Seul le prononcé fait foi Emmanuel MACRON Thank you so much. Mr. President, dear William, Your Majesty, Heads of State and Government, Secretary General, Secretary General of [the Pan-African] Parliament, of the African Union Commission, Secretary General of [La] Francophonie, Ministers, Ambassadors, Entrepreneurs, Ladies and Gentlemen. Asante sana. Mr. President. I will switch in French, if you allow me. Le Président a tout dit. Je veux juste rajouter quelques convictions pour qu'ensuite on puisse passer à nos travaux. C'est un nouveau type de Sommet, c'est une nouvelle philosophie, nous allons aller au bout de cette philosophie. D'abord, ce Sommet a commencé par des rencontres de la jeunesse, des entreprises, de la culture, du sport. D’ailleurs, nous allons, juste après cette session, rencontrer des représentants du monde de l'entreprise qui vont nous dire leurs conclusions et on va échanger avec eux. La conviction que je voudrais partager avec vous, c'est que l'agenda que le continent africain et la France doivent avoir, celui auquel en tout cas je crois, n’est en aucun cas de regarder en arrière, ni à gauche ni à droite, comme dirait mon ami le Président RUTO, mais de regarder en effet devant. Ce que je me suis efforcé de faire depuis dix ans, c'est de bâtir une relation qui regarde avec lucidité le passé. On a eu ce travail qui a été fait avec l'Algérie, le Cameroun, le Rwanda et plusieurs autres. Qui regarde avec courage le présent, et qui a restitué les œuvres d'art. Qui veut réinventer la relation monétaire et économique. Qui veut investir dans le sport, dans les industries culturelles et créatives, dans le co-investissement avec le continent. Qui, avec respect, veut être aux côtés de l'Afrique pour son propre agenda. La relation entre l'Afrique et la France, telle que nous la voyons, telle que nous la pensons, telle que nous la mettons en œuvre, est fondée en effet sur la lucidité, le courage, le respect et une volonté d'avoir au fond un agenda partagé. C'est ce qu'on a fait depuis dix ans. On y est longuement revenu hier et je ne veux pas être plus long. Pourquoi je suis convaincu que c'est encore plus vrai aujourd'hui qu'il y a dix ans ? Parce que les défis de l'Afrique et de l'Europe sont les mêmes. Nous voulons la paix, la prospérité, la souveraineté. L'Europe s'est battue pour cela. Elle a construit, après la Deuxième Guerre mondiale, l'Union européenne pour avoir d'abord la paix, puis un marché commun pour avoir la prospérité. Aujourd'hui, l'agenda européen est un agenda d'autonomie stratégique pour ne pas dépendre de la domination ni chinoise ni américaine, et [pour] essayer d'être sur une voie médiane qui respecte le droit international. Qui croit dans l'ordre multilatéral que nous avons bâti. Qui croit dans le commerce ouvert. Qui ne croit pas dans l'hégémonie de quelques-uns sur les autres. Qui croit que la science est la meilleure façon de régler les questions de climat comme de santé. Qui croit à l'Etat de droit. C'est ça, ce que fait l'Europe aujourd'hui. C'est exactement le même défi qu'a l'Afrique. L'Afrique veut la paix, la prospérité, l'indépendance. Le partenariat que nous voulons pour ce Sommet Africa Forward, le partenariat auquel je crois entre l'Afrique et l'Europe, c'est un partenariat au service de la paix, de la prospérité et de cette indépendance, de cette autonomie stratégique. Il est très puissant, et c'est, si nous arrivons à le faire, ce qui nous permettra de rebâtir ensemble un ordre multilatéral qui est tellement bousculé, qui nous fragilise, dont les dérives nous touchent, d'ailleurs, les uns et les autres, et, au fond, d'être une source d'avenir pour chacun. D'abord, la paix, le Président l'a dit, je ne vais pas répéter ce qu'il vient de vous dire. La paix passera, je le crois très profondément, par l'unité du continent africain. Je suis très heureux de voir mes frères ici, chefs d'État et de gouvernement, ministres présents et ayant pris la peine de venir à Nairobi. Je sais vos agendas chargés, je veux vous dire ma gratitude. C'est une magnifique image parce que c'est l'image du continent africain uni. Du Maghreb à l'océan Indien, en passant par le sud du continent jusqu'à l'Afrique de l'Ouest et cette Afrique australe, il n'y a pas plusieurs Afriques et souvent, on a voulu nous séparer sur cela. Il y a un seul continent qui doit être respecté comme tel et porter cet agenda. Ce qui suppose pour nous d'être aux côtés de vous pour être mieux représentés dans les instances financières, mais également onusiennes. Je souscris à tout ce que le Président RUTO a dit. La France défend cet agenda d'une Afrique présente au Conseil de sécurité des Nations Unies. Comme nous nous sommes battus pour que l'Union africaine ait son siège permanent au G20 il y a quelques années, et nous l'avons obtenu. Nous étions quelques-uns au début et on a réussi à faire cela. De la même manière, nous soutenons un agenda — le Secrétaire général l'a ô combien soutenu il y a quelques années — d'une Union africaine qui ait plus de capacités et de mobilisation pour défendre ses opérations de paix et de sécurité et qui, en articulation étroite avec les Nations Unies, peut construire ses propres médiations, à qui l’on donne les moyens de construire ses solutions de paix et de sécurité. Mais l'unité du continent africain, une meilleure représentation, une capacité africaine à bâtir des solutions de paix et de sécurité et une Europe à vos côtés pour aider à financer ces solutions de paix et de sécurité, dans un partenariat de sécurité repensé comme celui que la France a fait ces dernières années avec de nombreux États, c'est-à-dire respectueux de la souveraineté de chaque pays africain, en partenariat étroit mais jamais en substitution, est la clé d'une paix pour le continent. De la même manière, je me félicite que nos discussions de tout à l'heure nous permettront de porter un agenda commun pour lever les blocages, aujourd'hui, que nous avons au Conseil de sécurité, et pour continuer d'avancer pour, en cas de crime de masse, pouvoir avoir des Nations Unies qui avancent et qui décident. La paix. La prospérité, ensuite. Je souscris à tout ce qu'a dit le Président RUTO, donc je ne vais pas le répéter. Il a parfaitement raison sur l'agenda de prospérité du continent. Il est clair, il est simple. Ce qu'on veut faire, ce n'est pas apporter de l'aide. Ce logiciel est passé. Vous le voyez bien, beaucoup d'États du Nord, les uns par idéologie, les autres par difficultés budgétaires, ne vous apportent plus l'aide qui était prévue. C'est une réalité. On doit penser différemment la relation Nord-Sud avec lucidité. D'abord, il faut regarder avec lucidité que la principale source de transfert qui va vers les pays d'Afrique, elle vient des diasporas. Elle vient de toutes celles et ceux qui ont émigré, qui travaillent dur dans beaucoup de pays et renvoient vers leurs familles l'argent. Elle reste supérieure à l'aide qui vient des gouvernements. Mais la logique dans laquelle nous devons rentrer, c'est celle du co-investissement. Et co-investissement pour faire quoi ? Investir dans le capital humain, les talents et cette jeunesse. Bâtir une économie formelle. La grande difficulté de l'Afrique, c'est d'avoir une trop grande partie de son économie qui reste dans l'informel et ne permet pas à des classes moyennes d'émerger et d'avancer. Pour cela, monter dans la chaîne de valeur et être à vos côtés pour structurer une agriculture plus forte et structurer aussi une chaîne industrielle qui fait que l'Afrique ne sera pas simplement un continent de l'extraction des matières premières, des minerais critiques, des terres rares, mais de leur transformation et valorisation, et réussir à vous accompagner dans la transformation et l'investissement en matière d'infrastructures et d'énergie. Talent, économie formelle, montée dans la chaîne de valeur, infrastructure et énergie, tels sont les éléments clés, avec aussi la logique continentale, et qu'a rappelé le Président RUTO à l'instant. C’est d'ailleurs tout ce que les tables rondes qui ont été aujourd'hui portées et sur lesquelles nous discuterons permettront de structurer autour de la santé, de l'agriculture, de l'économie bleue ou de l'intelligence artificielle. Cet agenda d'Africa Forward, cet agenda de croissance, de prospérité, c'est celui aux côtés duquel nous voulons être par une logique d'investissement. C'est là où nous nous retrouvons dans cet agenda de prospérité et de souveraineté. Faire réussir l'Afrique sur le plan économique, lui permettre d'avoir plus de souveraineté, d'autonomie, c'est s'assurer pour les Européens également d'avoir plus d'autonomie stratégique par ce partenariat et de réduire nos dépendances, je dirais, aux deux grandes économies qui veulent en quelque sorte tout capter. Donc cet agenda est commun. Ça n'est pas la France et l'Europe aujourd'hui qui viennent mobiliser la totalité des terres rares, des minerais critiques ou des matériaux pour complètement capturer le marché mondial. Ça n'est ni la France ni l'Europe qui viennent vous donner des impériums en termes de solutions de sécurité. Ne vous trompez plus, ce temps est largement passé. L'agenda européen a pour intérêt de vous voir réussir sur le plan de la prospérité et de la souveraineté parce que c'est le même que le nôtre. Si vous réussissez sur la souveraineté en matière d'intelligence artificielle, d'agriculture ou d'industrie, vous nous aidez à réussir parce que vous nous offrez aussi d'autres solutions, parce que vous offrez un avenir à vos populations, parce que vous réduisez la migration subie, qui est aussi un problème pour vos pays, parce qu'il fait fuir les talents, en même temps qu'il apporte une solution à l'agenda de l'Europe. Je veux ici qu'il y ait un réveil collectif quand on parle de tout ça. Ça n'est pas un agenda univoque d'une Europe qui regarderait l'Afrique comme un continent qu'elle devrait aider, c'est celui d'un partenariat d'égal à égal, parce que vous aider à réussir, c'est la condition pour notre réussite. Nous voulons le faire ensemble, de manière respectueuse, lucide et courageuse. C'est pourquoi, pour le réussir, on a voulu mobiliser les secteurs privés. Hier, on a annoncé, ce qui est une première, grâce à ce forum d'affaires, 23 milliards d'euros d'investissements privés, d'investissements d'entreprises, de fonds d'investissement du secteur totalement privé en Afrique. Ces 23 milliards d'investissements, ce sont 14 milliards d'investissements des entreprises françaises dans les pays africains et neuf milliards d'investissements des entreprises et business leaders africains sur le continent. Cette réalisation en elle-même, c'est un vrai choc qui illustre la force de ce que je suis en train de vous dire et le fait que c'est aussi un sommet d'action. Tout ça doit passer par des choses simples, qu'a dit le Président : un nouveau paradigme de croissance des pays qui développent une stratégie de valorisation de leurs ressources, d'agriculture et d'industrie plus fortes, mais aussi d'une politique fiscale et budgétaire qui soit plus cohérente avec cet agenda. Ensuite, c'est de réussir à mieux mobiliser nos financements internationaux. Le FMI, la Banque mondiale, comme on l'a fait ces dernières années avec les droits de tirage spéciaux, ma chère Kristalina, ensemble, la remobilisation de ces plus de 100 milliards de droits de tirage spéciaux vers l'Afrique pour mieux mobiliser cet argent et un meilleur effet de levier. Comme l'a dit le Président, c'est de bâtir au niveau de l'Afrique une vraie stratégie de garantie sur les premières pertes et de s'appuyer sur l'instrument aujourd'hui dit ATIDI, basé à Nairobi. Qui va permettre justement, c'est ce que nous allons nous engager à faire à vos côtés, la France rentrera au capital d'ATIDI, nous mobiliserons à vos côtés des solutions pour qu'ATIDI puisse jouer son rôle plein et entier à l'échelle du continent pour porter les premières pertes. Cette stratégie, c'est celle d'un nouveau paradigme financier, qui permet de se battre pour la prospérité du continent et pour son autonomie stratégique. Pour le reste, le Président RUTO l’a très bien dit, je vais donc couper mon discours, et au fond, c'est l'illustration physique et en acte du partenariat. Je ne vais pas répéter ce qu'il a dit. Il l'a mieux dit que je ne l'aurais fait. Je m'inscris dans ses paroles et je les endosse. Aujourd'hui, nous allons, dans un instant, nous réunir avec les entrepreneuses et entrepreneurs. Ensuite, pour ces questions de croissance, nous nous verrons sur l'architecture financière. Nous discuterons des solutions de paix et nous allons endosser une série de textes qui vont illustrer cet agenda que je viens de décrire. Après quoi, nous aurons les résultats de ce Sommet Africa Forward, avec déjà ses résultats, ces investissements, nos engagements communs. Puis, avec le Président RUTO, nous irons porter en votre nom au G7 d’Evian, l'agenda que nous aurons défini. Tout au long de l'année, nous allons, auprès des Nations Unies, du FMI, de la Banque mondiale, porter cet agenda commun sur la base du mandat que vous nous aurez donné. C’est pourquoi ce Sommet est aussi, à mes yeux, celui par lequel nous devons définir ensemble une ligne d'action qui doit nous permettre de relever les défis contemporains. Voilà, mes chers collègues, mes chers amis, je ne serai pas plus long. Je veux en tout cas vous dire la gratitude que j'ai à l'égard du Président RUTO pour avoir accepté d'accueillir ce Sommet de nouvelle génération, Africa Forward, la gratitude que j'ai à votre égard, mes chers frères et chères sœurs et mes chers amis, d'être là, d'apporter votre contribution et votre énergie, et vous dire que la France, et avec elle l'Europe, se tiendront aux côtés du continent africain pour bâtir avec lui cet agenda de paix, de prospérité et d'indépendance auquel il aspire. De le faire avec beaucoup de respect et d'humilité, de le faire au service de ce continent qui est le plus jeune du monde et qui, l'année dernière encore, a eu la croissance la plus forte au monde, qui n'est pas simplement un continent d'avenir, mais déjà un continent du présent. Soyez fiers de ce que vous êtes. Moi, je suis très fier d'être à vos côtés et d'essayer humblement de construire avec vous, cet agenda dans lequel nous investirons ensemble et nous réussirons ensemble. Vive l'Afrique et vive l'amitié entre l'Afrique et la France. Merci beaucoup. Puis, le Président Emmanuel Macron a participé à une session de travail avec les chefs d'États et de gouvernment et la coalition de chefs d'entreprises français et africains. Après un déjeuner de travail sur la réforme de l'architecture financière internationale , une session plénière sur la paix et la sécurité a eu lieu. Le Président de la République s'est ensuite entretenu avec plusieurs chefs d'États africains avant de donner une interview à RFI, France 24 et TV5 Monde. Enfin, le Sommet s'est terminé par une conférence de presse avec le Président kenyan , puis un concert de clôture. Revoir la conférence de presse : Puis, le Président Emmanuel Macron a participé à une session de travail avec les chefs d'États et de gouvernment et la coalition de chefs d'entreprises français et africains. Après un déjeuner de travail sur la réforme de l'architecture financière internationale , une session plénière sur la paix et la sécurité a eu lieu. Le Président de la République s'est ensuite entretenu avec plusieurs chefs d'États africains avant de donner une interview à RFI, France 24 et TV5 Monde. Enfin, le Sommet s'est terminé par une conférence de presse avec le Président kenyan , puis un concert de clôture. 6 mai 2026 Sommet « Africa Forward : Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance ». 27 mars 2026 Déplacement sur le site de Disneyland Paris à Marne-la-Vallée. 10 mai 2026 Déplacement au Kenya. 11 mai 2026 Sommet Africa Forward au Kenya : première journée.