Le Président de la République et Brigitte Macron se sont rendus en République de Corée pour une visite d'État du 2 au 3 avril 2026. A leur arrivée, le Président de la République et Brigitte Macron se sont rendus au War Memorial pour un hommage aux combattants de la guerre de Corée. Revoir la déclaration du Président : Le Président de la République et Brigitte Macron se sont rendus en République de Corée pour une visi...
Le Président de la République et Brigitte Macron se sont rendus en République de Corée pour une visite d'État du 2 au 3 avril 2026. A leur arrivée, le Président de la République et Brigitte Macron se sont rendus au War Memorial pour un hommage aux combattants de la guerre de Corée. Revoir la déclaration du Président : Le Président de la République et Brigitte Macron se sont rendus en République de Corée pour une visite d'État du 2 au 3 avril 2026. A leur arrivée, le Président de la République et Brigitte Macron se sont rendus au War Memorial pour un hommage aux combattants de la guerre de Corée. 2 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi Emmanuel MACRON Merci à tous et à toutes d’être là. Je suis heureux d’être à vos côtés en ce début de visite d’État en Corée. C’était l’occasion pour nous d’abord de rendre hommage à nos anciens combattants, aux Français qui sont tombés ici, aux côtés de leurs frères d'armes coréens et de l'ensemble des contingents qui étaient engagés aux côtés des Nations unies pour la liberté et la paix, et puis de pouvoir voir des vétérans de cette guerre ici, ainsi que quelques-uns de nos jeunes. C'est un des liens que nous avons avec la Corée : celui de partager les mêmes valeurs et celui de nous être battus pour la liberté, et ceci au début d'une visite pendant laquelle nous voulons redynamiser les relations sur le plan à la fois militaire, économique, culturel. J'aurai l'occasion d'y revenir. Je vais peut-être en deux mots vous dire aussi ce que je retiens de la visite que nous venons d'effectuer au Japon où nous avons eu l'occasion, en effet, à la fois d'avoir des entretiens approfondis avec la Première ministre Takaichi, et puis plusieurs séquences sur les questions de recherche, sur les liens économiques et les liens culturels. Dans le temps que nous vivons, la France et le Japon ont d'abord des liens extrêmement structurés. Je l'ai rappelé hier. Sur le plan économique, technologique et de recherche. Donc nous souhaitons les consolider. Nous avons signé plusieurs textes. La stratégie que poursuit la France depuis plusieurs années et que poursuit l'Europe aujourd'hui, c'est celle de renforcer notre autonomie stratégique, notre indépendance, et de refuser une dépendance excessive à quelque hégémonie que ce soit. Le Japon poursuit le même objectif dans la région. Ensuite, nous croyons aux valeurs démocratiques, nous croyons à l'ordre international qui repose sur la Charte des Nations unies et [sur le] respect entre les peuples qui en découle. Nous croyons à la coopération, au commerce libre et équitable. Nous croyons à la science, à la nécessité de répondre aux défis climatiques. Tout ça relie très profondément la France et le Japon, et d'ailleurs la France et la Corée du Sud aussi. C'est dans ce cadre-là que nous considérons qu'il y a des partenariats à renforcer. Et ce que nous faisons sur l'intelligence artificielle, le quantique, les semi-conducteurs, le spatial, mais également sur les terres rares et les minerais critiques et que nous avons renforcés avec le Japon hier ou sur le nucléaire civil, permet de renforcer, dans chacun de ces domaines, notre autonomie stratégique. Et de bâtir ensemble des solutions qui ne sont pas hégémoniques, qui sont des partenariats, mais de réduire nos dépendances aux uns ou aux autres et d'apporter à la fois de la croissance, de la décarbonation et de l'indépendance. C'est aussi pour ça que nous défendons, pas simplement les liens bilatéraux avec ces pays, mais un renforcement de cet espace régional qui s'appelle le CPTPP avec l'Union européenne. Cette troisième voie, que vous m'entendez défendre depuis plusieurs années et qui est au coeur de la stratégie indopacifique de la France, a encore plus de sens au moment actuel, parce que c'est celle qui permet justement de continuer à défendre la voie du droit international. C'est pour moi très important de venir la renforcer par ce voyage. Je vais maintenant répondre à vos questions. Journaliste Est-ce que Mme Takaichi vous a donné des signes montrant qu'elle était prête à faire une forme d'émancipation de son allié américain puisque hier, vous avez fustigé l'imprévisibilité de certains alliés, on a compris que vous parliez des Etats-Unis. Est-ce que c'est un message que vous allez essayer de porter aussi ce soir avec M. Lee en lui disant qu'il faudrait aussi rejoindre cette coalition des Etats indépendants et un peu s'émanciper des Etats-Unis ? Emmanuel MACRON D'abord, je ne le présente pas en ces termes qui seraient, je dirais, négatifs. Ensuite, c'est une question qui est souveraine. Quand on regarde le niveau de la présence à la fois militaire dans l'importance des liens, et c'est bien légitime, depuis maintenant plus de 70 ans, je pense que ça ne peut pas être incantatoire. Néanmoins, je perçois chez tous mes interlocuteurs la même chose que chez nous. C'est-à-dire une interrogation, un doute, quand on est confronté à des situations qui ne sont pas prévisibles et qui peuvent parfois mettre dans la difficulté. Je crois que la conviction qui, maintenant, est croissante, à la fois chez les responsables politiques, mais également chez les responsables économiques : c'est celle de devoir diversifier les partenariats. Je crois que l'Europe, en tout cas c'est ce que je suis venu plaider, l'Europe et la France doivent être regardées sans doute un peu différemment. J'ai rappelé nos chiffres, nos atouts, mais également le fait que nous étions des partenaires au service de l'ordre international, prévisibles et de confiance. Au fond, dans la guerre en cours aujourd'hui au Moyen-Orient, c'est la même chose, c'est le même message qu'envoie la France. Nous sommes des partenaires de confiance et nous sommes du côté du droit international et de la stabilité. Je crois que ça a beaucoup de valeur. Tout ça prendra du temps, mais je pense que les choses sont en train de s'infléchir. En tout cas, c'est très cohérent avec ce que nous défendons depuis maintenant neuf ans sur la stratégie indopacifique. Journaliste Monsieur le Président, vous faisiez allusion à l'instant au président Trump qui s'en est pris ces derniers jours plusieurs fois à la France. Hier soir, il s'en est même pris à vous directement avec des allusions privées sur votre couple. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Est-ce que c'est une attaque que vous considérez comme contre la France, ce qu'il a dit ? Emmanuel MACRON Écoutez, on parle de choses trop graves. On parle de guerre. On parle aujourd'hui de femmes et d'hommes qui sont au combat, de femmes et d'hommes et de civils qui sont tués, de la guerre qui sévit dans cette région. On parle aussi des conséquences de cette guerre sur nos économies. Je pense à nos compatriotes. Les Américains vivent la même chose : les prix de l'essence, du gaz qui montent. Donc les propos que j'ai pu entendre, auxquels vous faites référence, ne sont ni élégants, ni à la hauteur. Je ne vais pas y répondre, ça ne mérite pas de réponse. Ce qu'il faut faire, c'est agir pour la désescalade, pour un cessez-le-feu, pour la reprise de négociations qui seules peuvent régler en profondeur ce qui se joue dans la région et qui est important pour la stabilité de tous nos partenaires et de nous tous, et pour la reprise aussi d'une libre circulation, [pour] la reprise des échanges économiques dont nous avons besoin, parce qu'aujourd'hui, ce sont nos compatriotes, c'est nous tous qui sommes les victimes des conséquences de cette guerre. Journaliste Malgré tout, est-ce que ça ne distend pas vos liens ? Est-ce que ça ne fait pas encore plus peut-être des États-Unis un partenaire qui deviendrait encore plus imprévisible que jamais ? Emmanuel MACRON Ce n’est pas ces mots qui changent quoi que ce soit, la réalité est là. Ce qui m'importe, c'est d'aller de l'avant pour notre pays, pour nos compatriotes et pour tous nos amis dans la région. Maintenant, il faut bâtir les solutions diplomatiques et donc permettre d'avoir la paix le plus vite possible, un cessez-le-feu, un cadre clair, et permettre de reprendre la libre circulation à travers le détroit d'Ormuz et pouvoir avoir justement un cadre établi. Ensuite construire le chemin d'une paix durable. Alors il y a toute la région, et puis il y a la question aussi du Liban, à laquelle évidemment nous sommes très attachés, sur laquelle nous oeuvrons aux côtés des Autorités libanaises. Journaliste Monsieur le Président, hier vous avez dit, sur NHK, à quoi servirait d'avoir bombardé l'Iran pendant des semaines s'il ne sortait pas un nouveau cadre ? Quel pourrait être ce cadre ? Emmanuel MACRON On sait assez bien ce qu'il convient de bâtir. Il y a eu des emprises nucléaires qui ont été détruites, à nouveau frappées. Je rappelle qu'il y a six mois, on nous avait expliqué que tout avait été détruit, que tout était réglé, pour ceux qui l'avaient oublié. Qu'est-ce qui manque ? S’il n'y a pas derrière des enquêteurs internationaux qui vont regarder où sont les matières existantes, comment se font les recherches, [qui vont] aller vérifier les sites, ça n'est pas sérieux. Parce que vous avez toujours aujourd'hui, et vous aurez demain en Iran, des gens qui ont la compétence, vous avez toujours des sites cachés, etc. Donc ça n'est pas une action militaire ciblée, même sur quelques semaines, qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire. Derrière, il faut un cadre le plus exigeant possible pour éviter qu'il y ait de nouveaux enrichissements, pour éviter, pour traiter la question des matières qui seront encore justement sur place, de voir comment les traiter. Je ne vais pas rentrer ici dans les modalités techniques, mais sous l'autorité de l'Agence internationale de l'énergie atomique, de pouvoir en reprendre le contrôle et de s'assurer qu'il n'y a pas d'enrichissement, ni derrière de militarisation. Ça, c'est la première chose. S'il n'y a pas de cadre de négociations diplomatiques et techniques, la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années. Ensuite, sur les activités balistiques, c'est la même chose. Il faut derrière qu'à travers la négociation, on bâtisse un cadre qui permet d'observer l'évolution de ses capacités et de s'assurer qu'il n'y a pas, à nouveau, un réarmement. Puis la troisième chose, c'est qu'il y a un engagement aussi sur ce qu'on appelle les proxys, en tout cas tous les groupes terroristes ou milices qui agissent au nom de l'Iran dans des pays voisins et qui viennent bousculer la souveraineté de plusieurs de ces États. Sur chacun de ces sujets, ça n'est que par une négociation approfondie, un accord. D'ailleurs, il faut mettre dans cet accord également la question des sanctions. C'est par un tel accord qu'on pourra s'assurer d'un suivi dans la durée et préserver la paix et la stabilité pour tous. Journaliste Monsieur le Président, parmi les déclarations notamment d'hier, il y a cette menace de nouveau brandie de se désinvestir de l'OTAN de la part des Américains, en tout cas, [de] Donald Trump et certains de ses ministres, qui insistent de plus en plus sur ce point en restant évidemment ambigus. Il y a aussi une autre déclaration hier soir, c'est des annonces de frappes encore plus dures pour deux à trois semaines sur l'Iran. Quelle est votre réaction sur ces deux points ? Emmanuel MACRON Écoutez, moi, je n'ai pas beaucoup de réactions à avoir. Je pense que des organisations, des alliances comme l'OTAN, elles valent par ce qu'on ne dit pas, c'est-à-dire, la confiance qu'il y a derrière. C'est souvent comme ça, d'ailleurs, des sujets militaires et stratégiques. Si on crée chaque jour le doute sur son engagement, on en vide la substance. Il ne m'appartient pas de commenter, c'est une responsabilité que prennent aujourd'hui les autorités américaines, chaque matin, en disant qu'elles feront ceci, ne feront pas cela ou autre. Quand on a signé un texte, quand on s'est engagé dans une alliance, quand on croit qu'il est important de défendre la sécurité de ses alliés, en tout cas des partenaires, on est à la hauteur des engagements qu'on a signés. On ne les commente pas chaque matin, ni pour dire qu'on le fera ou qu'on ne le fera pas. On ne dit rien. Et le jour où il y a un problème, on est là. On a signé des accords avec les pays du Golfe. On n'a pas commenté ces accords pour dire : « on sera là », « on ne sera pas là ». Ils ont été attaqués, on était là. C'est comme ça que ça doit se passer, et pas d'une autre manière. Je ne suis pas là pour commenter les commentateurs. Journaliste C’est sérieux selon vous ? Emmanuel MACRON Ça parle trop. Et ça va trop dans tous les sens. Je pense que le monde a besoin de stabilité. Je pense qu'on a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix. Et ça n'est pas un spectacle. On parle de paix, de guerre, on parle de la vie de femmes et d'hommes, on parle de la situation de nos pays, des risques qu'il y a sur nos pays, et on parle de la situation économique de nos pays, d'ailleurs qu'il s'agisse des États-Unis d'Amérique ou de nous, Européens, ou ici d'Asiatiques. Tout le monde paye les conséquences. Donc, il faut être sérieux. Quand on veut être sérieux, on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu'on a dit la veille. Il ne faut peut-être pas parler tous les jours. Il faut juste calmer les choses et bâtir une paix durable. Journaliste Et sur les frappes massives annoncées hier soir ? Emmanuel MACRON Je n'ai pas tellement de commentaires à faire. Je ne suis pas le commentateur d'une opération que les Américains ont décidée avec les Israéliens seuls. Ils peuvent après déplorer qu'ils ne soient pas aidés dans cette opération qu'ils ont décidée seuls. Ce n'est pas notre opération. Nous, ce que nous voulons, c'est qu'il y ait la paix le plus vite possible et un cadre diplomatique qui soit établi. Je ne vais pas, moi, commenter ce qui est dit par les uns et les autres. Je m'assure en tout cas que la sécurité de nos partenaires est préservée, que la sécurité de nos emprises est préservée, et que nous puissions aussi aider les pays qui sont les plus déstabilisés, [comme] le Liban que j'évoquais, et surtout que, le plus vite possible, on puisse restaurer la liberté de circulation. Journaliste Sur le détroit d'Ormuz, justement, est-ce que la Première ministre japonaise, et vous allez en parler avec le président sud-coréen, se sont engagés à participer à l'initiative de ce que vous avez évoquée il y a maintenant deux-trois semaines ? Et là encore, Donald Trump a redit dans son allocution : « ça ne suffit pas d'intervenir, comme vous proposez, une fois que les armes se seront tues. C'est aux pays qui ont besoin du détroit d'Ormuz de venir maintenant le libérer. Prenez-le, allez-y ». Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de difficile à réconcilier entre ces deux approches ? Emmanuel MACRON Non. D'abord, il y a des gens qui défendent l'idée de libérer de vive force par une opération militaire le détroit d'Ormuz, position qui a parfois été exprimée par les États-Unis d'Amérique. Je dis parfois parce qu'elle a pu varier. Ça n'est jamais l'option que nous avons retenue et nous considérons qu'elle est irréaliste. Elle est irréaliste parce qu'elle prendrait un temps infini et elle exposerait tous ceux qui iraient au travers de ce détroit [à] des risques côtiers de la part des Gardiens de la révolution qui ont des moyens, mais aussi de missiles balistiques. Des tas de risques. Depuis le début, ce qu'on dit, c'est qu'il faut pouvoir rouvrir ce détroit parce qu'il est stratégique, pour l'énergie, pour d'ailleurs les engrais aussi, [pour] le commerce international, mais que ça ne peut se faire que de manière concertée avec l'Iran. Première chose, c'est évidemment qu'il y a un cessez-le-feu, une reprise des négociations, et dans ce cadre, pour garantir qu'il n'y a pas de frappe qui touche ces bateaux, avec possiblement, c'est ce qu'on offre, des missions de réassurance. C'est une des options possibles de pouvoir le faire. Mais ça n'est en aucun cas une opération de vive force que nous avons proposée. Voilà, le cadre est clair. C'est pour ça qu'il vient dans un temps second, mais ne pensons pas qu'on puisse [le] libérer [ou] l'ouvrir de vive force. Après, c'est là où aussi la négociation diplomatique est très importante, c'est que le monde ne peut pas vivre avec non plus l'Iran qui, du jour au lendemain, déciderait d'ouvrir, de fermer. Il faut que le cadre soit établi. Il y a des eaux iraniennes, il y a des eaux internationales, il y a des eaux omanaises. Il faut que tout ça soit bien établi et respecté et surveillé et que les choses puissent reprendre. Journaliste Quelques mots très rapides, Monsieur le Président, juste sur le territoire national. On ne vous a pas entendu de vive voix sur cet attentat déjoué Bank of America à Paris. Ce matin, on apprend que la Goldman Sachs est placée sous protection judiciaire après des menaces d'un groupe iranien. Quelles sont les informations que vous avez à ce sujet ? Emmanuel MACRON Je ne ferai pas de commentaire au-delà de ce que les magistrats en charge du dossier et les ministres peuvent dire. Je veux ici simplement dire que nous sommes extrêmement vigilants, comme nous le sommes depuis toujours, sur les menaces terroristes. Je félicite les services enquêteurs qui ont eu l'information et qui ont ainsi pu déjouer la tentative qui s'est organisée il y a quelques jours. Je veux dire que nous sommes très vigilants sur chacun de ces sujets pour aussi rassurer tous ceux qui peuvent être ciblés. D'ailleurs, en France comme ailleurs, parce qu'on a vu plusieurs autres pays européens qui ont été ciblés par des tentatives d'attentats du même type. Grande vigilance, mobilisation de l'ensemble des services compétents et des magistrats, et c'est eux qui vous éclaireront sur les faits. Journaliste Merci à tous. Emmanuel MACRON Merci beaucoup. Merci, Mesdames et Messieurs. Bonne soirée. 2 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi Emmanuel MACRON Merci à tous et à toutes d’être là. Je suis heureux d’être à vos côtés en ce début de visite d’État en Corée. C’était l’occasion pour nous d’abord de rendre hommage à nos anciens combattants, aux Français qui sont tombés ici, aux côtés de leurs frères d'armes coréens et de l'ensemble des contingents qui étaient engagés aux côtés des Nations unies pour la liberté et la paix, et puis de pouvoir voir des vétérans de cette guerre ici, ainsi que quelques-uns de nos jeunes. C'est un des liens que nous avons avec la Corée : celui de partager les mêmes valeurs et celui de nous être battus pour la liberté, et ceci au début d'une visite pendant laquelle nous voulons redynamiser les relations sur le plan à la fois militaire, économique, culturel. J'aurai l'occasion d'y revenir. Je vais peut-être en deux mots vous dire aussi ce que je retiens de la visite que nous venons d'effectuer au Japon où nous avons eu l'occasion, en effet, à la fois d'avoir des entretiens approfondis avec la Première ministre Takaichi, et puis plusieurs séquences sur les questions de recherche, sur les liens économiques et les liens culturels. Dans le temps que nous vivons, la France et le Japon ont d'abord des liens extrêmement structurés. Je l'ai rappelé hier. Sur le plan économique, technologique et de recherche. Donc nous souhaitons les consolider. Nous avons signé plusieurs textes. La stratégie que poursuit la France depuis plusieurs années et que poursuit l'Europe aujourd'hui, c'est celle de renforcer notre autonomie stratégique, notre indépendance, et de refuser une dépendance excessive à quelque hégémonie que ce soit. Le Japon poursuit le même objectif dans la région. Ensuite, nous croyons aux valeurs démocratiques, nous croyons à l'ordre international qui repose sur la Charte des Nations unies et [sur le] respect entre les peuples qui en découle. Nous croyons à la coopération, au commerce libre et équitable. Nous croyons à la science, à la nécessité de répondre aux défis climatiques. Tout ça relie très profondément la France et le Japon, et d'ailleurs la France et la Corée du Sud aussi. C'est dans ce cadre-là que nous considérons qu'il y a des partenariats à renforcer. Et ce que nous faisons sur l'intelligence artificielle, le quantique, les semi-conducteurs, le spatial, mais également sur les terres rares et les minerais critiques et que nous avons renforcés avec le Japon hier ou sur le nucléaire civil, permet de renforcer, dans chacun de ces domaines, notre autonomie stratégique. Et de bâtir ensemble des solutions qui ne sont pas hégémoniques, qui sont des partenariats, mais de réduire nos dépendances aux uns ou aux autres et d'apporter à la fois de la croissance, de la décarbonation et de l'indépendance. C'est aussi pour ça que nous défendons, pas simplement les liens bilatéraux avec ces pays, mais un renforcement de cet espace régional qui s'appelle le CPTPP avec l'Union européenne. Cette troisième voie, que vous m'entendez défendre depuis plusieurs années et qui est au coeur de la stratégie indopacifique de la France, a encore plus de sens au moment actuel, parce que c'est celle qui permet justement de continuer à défendre la voie du droit international. C'est pour moi très important de venir la renforcer par ce voyage. Je vais maintenant répondre à vos questions. Journaliste Est-ce que Mme Takaichi vous a donné des signes montrant qu'elle était prête à faire une forme d'émancipation de son allié américain puisque hier, vous avez fustigé l'imprévisibilité de certains alliés, on a compris que vous parliez des Etats-Unis. Est-ce que c'est un message que vous allez essayer de porter aussi ce soir avec M. Lee en lui disant qu'il faudrait aussi rejoindre cette coalition des Etats indépendants et un peu s'émanciper des Etats-Unis ? Emmanuel MACRON D'abord, je ne le présente pas en ces termes qui seraient, je dirais, négatifs. Ensuite, c'est une question qui est souveraine. Quand on regarde le niveau de la présence à la fois militaire dans l'importance des liens, et c'est bien légitime, depuis maintenant plus de 70 ans, je pense que ça ne peut pas être incantatoire. Néanmoins, je perçois chez tous mes interlocuteurs la même chose que chez nous. C'est-à-dire une interrogation, un doute, quand on est confronté à des situations qui ne sont pas prévisibles et qui peuvent parfois mettre dans la difficulté. Je crois que la conviction qui, maintenant, est croissante, à la fois chez les responsables politiques, mais également chez les responsables économiques : c'est celle de devoir diversifier les partenariats. Je crois que l'Europe, en tout cas c'est ce que je suis venu plaider, l'Europe et la France doivent être regardées sans doute un peu différemment. J'ai rappelé nos chiffres, nos atouts, mais également le fait que nous étions des partenaires au service de l'ordre international, prévisibles et de confiance. Au fond, dans la guerre en cours aujourd'hui au Moyen-Orient, c'est la même chose, c'est le même message qu'envoie la France. Nous sommes des partenaires de confiance et nous sommes du côté du droit international et de la stabilité. Je crois que ça a beaucoup de valeur. Tout ça prendra du temps, mais je pense que les choses sont en train de s'infléchir. En tout cas, c'est très cohérent avec ce que nous défendons depuis maintenant neuf ans sur la stratégie indopacifique. Journaliste Monsieur le Président, vous faisiez allusion à l'instant au président Trump qui s'en est pris ces derniers jours plusieurs fois à la France. Hier soir, il s'en est même pris à vous directement avec des allusions privées sur votre couple. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Est-ce que c'est une attaque que vous considérez comme contre la France, ce qu'il a dit ? Emmanuel MACRON Écoutez, on parle de choses trop graves. On parle de guerre. On parle aujourd'hui de femmes et d'hommes qui sont au combat, de femmes et d'hommes et de civils qui sont tués, de la guerre qui sévit dans cette région. On parle aussi des conséquences de cette guerre sur nos économies. Je pense à nos compatriotes. Les Américains vivent la même chose : les prix de l'essence, du gaz qui montent. Donc les propos que j'ai pu entendre, auxquels vous faites référence, ne sont ni élégants, ni à la hauteur. Je ne vais pas y répondre, ça ne mérite pas de réponse. Ce qu'il faut faire, c'est agir pour la désescalade, pour un cessez-le-feu, pour la reprise de négociations qui seules peuvent régler en profondeur ce qui se joue dans la région et qui est important pour la stabilité de tous nos partenaires et de nous tous, et pour la reprise aussi d'une libre circulation, [pour] la reprise des échanges économiques dont nous avons besoin, parce qu'aujourd'hui, ce sont nos compatriotes, c'est nous tous qui sommes les victimes des conséquences de cette guerre. Journaliste Malgré tout, est-ce que ça ne distend pas vos liens ? Est-ce que ça ne fait pas encore plus peut-être des États-Unis un partenaire qui deviendrait encore plus imprévisible que jamais ? Emmanuel MACRON Ce n’est pas ces mots qui changent quoi que ce soit, la réalité est là. Ce qui m'importe, c'est d'aller de l'avant pour notre pays, pour nos compatriotes et pour tous nos amis dans la région. Maintenant, il faut bâtir les solutions diplomatiques et donc permettre d'avoir la paix le plus vite possible, un cessez-le-feu, un cadre clair, et permettre de reprendre la libre circulation à travers le détroit d'Ormuz et pouvoir avoir justement un cadre établi. Ensuite construire le chemin d'une paix durable. Alors il y a toute la région, et puis il y a la question aussi du Liban, à laquelle évidemment nous sommes très attachés, sur laquelle nous oeuvrons aux côtés des Autorités libanaises. Journaliste Monsieur le Président, hier vous avez dit, sur NHK, à quoi servirait d'avoir bombardé l'Iran pendant des semaines s'il ne sortait pas un nouveau cadre ? Quel pourrait être ce cadre ? Emmanuel MACRON On sait assez bien ce qu'il convient de bâtir. Il y a eu des emprises nucléaires qui ont été détruites, à nouveau frappées. Je rappelle qu'il y a six mois, on nous avait expliqué que tout avait été détruit, que tout était réglé, pour ceux qui l'avaient oublié. Qu'est-ce qui manque ? S’il n'y a pas derrière des enquêteurs internationaux qui vont regarder où sont les matières existantes, comment se font les recherches, [qui vont] aller vérifier les sites, ça n'est pas sérieux. Parce que vous avez toujours aujourd'hui, et vous aurez demain en Iran, des gens qui ont la compétence, vous avez toujours des sites cachés, etc. Donc ça n'est pas une action militaire ciblée, même sur quelques semaines, qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire. Derrière, il faut un cadre le plus exigeant possible pour éviter qu'il y ait de nouveaux enrichissements, pour éviter, pour traiter la question des matières qui seront encore justement sur place, de voir comment les traiter. Je ne vais pas rentrer ici dans les modalités techniques, mais sous l'autorité de l'Agence internationale de l'énergie atomique, de pouvoir en reprendre le contrôle et de s'assurer qu'il n'y a pas d'enrichissement, ni derrière de militarisation. Ça, c'est la première chose. S'il n'y a pas de cadre de négociations diplomatiques et techniques, la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années. Ensuite, sur les activités balistiques, c'est la même chose. Il faut derrière qu'à travers la négociation, on bâtisse un cadre qui permet d'observer l'évolution de ses capacités et de s'assurer qu'il n'y a pas, à nouveau, un réarmement. Puis la troisième chose, c'est qu'il y a un engagement aussi sur ce qu'on appelle les proxys, en tout cas tous les groupes terroristes ou milices qui agissent au nom de l'Iran dans des pays voisins et qui viennent bousculer la souveraineté de plusieurs de ces États. Sur chacun de ces sujets, ça n'est que par une négociation approfondie, un accord. D'ailleurs, il faut mettre dans cet accord également la question des sanctions. C'est par un tel accord qu'on pourra s'assurer d'un suivi dans la durée et préserver la paix et la stabilité pour tous. Journaliste Monsieur le Président, parmi les déclarations notamment d'hier, il y a cette menace de nouveau brandie de se désinvestir de l'OTAN de la part des Américains, en tout cas, [de] Donald Trump et certains de ses ministres, qui insistent de plus en plus sur ce point en restant évidemment ambigus. Il y a aussi une autre déclaration hier soir, c'est des annonces de frappes encore plus dures pour deux à trois semaines sur l'Iran. Quelle est votre réaction sur ces deux points ? Emmanuel MACRON Écoutez, moi, je n'ai pas beaucoup de réactions à avoir. Je pense que des organisations, des alliances comme l'OTAN, elles valent par ce qu'on ne dit pas, c'est-à-dire, la confiance qu'il y a derrière. C'est souvent comme ça, d'ailleurs, des sujets militaires et stratégiques. Si on crée chaque jour le doute sur son engagement, on en vide la substance. Il ne m'appartient pas de commenter, c'est une responsabilité que prennent aujourd'hui les autorités américaines, chaque matin, en disant qu'elles feront ceci, ne feront pas cela ou autre. Quand on a signé un texte, quand on s'est engagé dans une alliance, quand on croit qu'il est important de défendre la sécurité de ses alliés, en tout cas des partenaires, on est à la hauteur des engagements qu'on a signés. On ne les commente pas chaque matin, ni pour dire qu'on le fera ou qu'on ne le fera pas. On ne dit rien. Et le jour où il y a un problème, on est là. On a signé des accords avec les pays du Golfe. On n'a pas commenté ces accords pour dire : « on sera là », « on ne sera pas là ». Ils ont été attaqués, on était là. C'est comme ça que ça doit se passer, et pas d'une autre manière. Je ne suis pas là pour commenter les commentateurs. Journaliste C’est sérieux selon vous ? Emmanuel MACRON Ça parle trop. Et ça va trop dans tous les sens. Je pense que le monde a besoin de stabilité. Je pense qu'on a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix. Et ça n'est pas un spectacle. On parle de paix, de guerre, on parle de la vie de femmes et d'hommes, on parle de la situation de nos pays, des risques qu'il y a sur nos pays, et on parle de la situation économique de nos pays, d'ailleurs qu'il s'agisse des États-Unis d'Amérique ou de nous, Européens, ou ici d'Asiatiques. Tout le monde paye les conséquences. Donc, il faut être sérieux. Quand on veut être sérieux, on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu'on a dit la veille. Il ne faut peut-être pas parler tous les jours. Il faut juste calmer les choses et bâtir une paix durable. Journaliste Et sur les frappes massives annoncées hier soir ? Emmanuel MACRON Je n'ai pas tellement de commentaires à faire. Je ne suis pas le commentateur d'une opération que les Américains ont décidée avec les Israéliens seuls. Ils peuvent après déplorer qu'ils ne soient pas aidés dans cette opération qu'ils ont décidée seuls. Ce n'est pas notre opération. Nous, ce que nous voulons, c'est qu'il y ait la paix le plus vite possible et un cadre diplomatique qui soit établi. Je ne vais pas, moi, commenter ce qui est dit par les uns et les autres. Je m'assure en tout cas que la sécurité de nos partenaires est préservée, que la sécurité de nos emprises est préservée, et que nous puissions aussi aider les pays qui sont les plus déstabilisés, [comme] le Liban que j'évoquais, et surtout que, le plus vite possible, on puisse restaurer la liberté de circulation. Journaliste Sur le détroit d'Ormuz, justement, est-ce que la Première ministre japonaise, et vous allez en parler avec le président sud-coréen, se sont engagés à participer à l'initiative de ce que vous avez évoquée il y a maintenant deux-trois semaines ? Et là encore, Donald Trump a redit dans son allocution : « ça ne suffit pas d'intervenir, comme vous proposez, une fois que les armes se seront tues. C'est aux pays qui ont besoin du détroit d'Ormuz de venir maintenant le libérer. Prenez-le, allez-y ». Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de difficile à réconcilier entre ces deux approches ? Emmanuel MACRON Non. D'abord, il y a des gens qui défendent l'idée de libérer de vive force par une opération militaire le détroit d'Ormuz, position qui a parfois été exprimée par les États-Unis d'Amérique. Je dis parfois parce qu'elle a pu varier. Ça n'est jamais l'option que nous avons retenue et nous considérons qu'elle est irréaliste. Elle est irréaliste parce qu'elle prendrait un temps infini et elle exposerait tous ceux qui iraient au travers de ce détroit [à] des risques côtiers de la part des Gardiens de la révolution qui ont des moyens, mais aussi de missiles balistiques. Des tas de risques. Depuis le début, ce qu'on dit, c'est qu'il faut pouvoir rouvrir ce détroit parce qu'il est stratégique, pour l'énergie, pour d'ailleurs les engrais aussi, [pour] le commerce international, mais que ça ne peut se faire que de manière concertée avec l'Iran. Première chose, c'est évidemment qu'il y a un cessez-le-feu, une reprise des négociations, et dans ce cadre, pour garantir qu'il n'y a pas de frappe qui touche ces bateaux, avec possiblement, c'est ce qu'on offre, des missions de réassurance. C'est une des options possibles de pouvoir le faire. Mais ça n'est en aucun cas une opération de vive force que nous avons proposée. Voilà, le cadre est clair. C'est pour ça qu'il vient dans un temps second, mais ne pensons pas qu'on puisse [le] libérer [ou] l'ouvrir de vive force. Après, c'est là où aussi la négociation diplomatique est très importante, c'est que le monde ne peut pas vivre avec non plus l'Iran qui, du jour au lendemain, déciderait d'ouvrir, de fermer. Il faut que le cadre soit établi. Il y a des eaux iraniennes, il y a des eaux internationales, il y a des eaux omanaises. Il faut que tout ça soit bien établi et respecté et surveillé et que les choses puissent reprendre. Journaliste Quelques mots très rapides, Monsieur le Président, juste sur le territoire national. On ne vous a pas entendu de vive voix sur cet attentat déjoué Bank of America à Paris. Ce matin, on apprend que la Goldman Sachs est placée sous protection judiciaire après des menaces d'un groupe iranien. Quelles sont les informations que vous avez à ce sujet ? Emmanuel MACRON Je ne ferai pas de commentaire au-delà de ce que les magistrats en charge du dossier et les ministres peuvent dire. Je veux ici simplement dire que nous sommes extrêmement vigilants, comme nous le sommes depuis toujours, sur les menaces terroristes. Je félicite les services enquêteurs qui ont eu l'information et qui ont ainsi pu déjouer la tentative qui s'est organisée il y a quelques jours. Je veux dire que nous sommes très vigilants sur chacun de ces sujets pour aussi rassurer tous ceux qui peuvent être ciblés. D'ailleurs, en France comme ailleurs, parce qu'on a vu plusieurs autres pays européens qui ont été ciblés par des tentatives d'attentats du même type. Grande vigilance, mobilisation de l'ensemble des services compétents et des magistrats, et c'est eux qui vous éclaireront sur les faits. Journaliste Merci à tous. Emmanuel MACRON Merci beaucoup. Merci, Mesdames et Messieurs. Bonne soirée. Puis, ils se sont rendus à la Maison Bleue pour un dîner avec le couple présidentiel coréen. Puis, ils se sont rendus à la Maison Bleue pour un dîner avec le couple présidentiel coréen. 9 février 2026 One Health Summit : pour une meilleure santé du vivant et de la planète. 11 février 2026 Compte rendu du conseil des ministres du 11 février 2026. 13 février 2026 Conférence de Munich sur la sécurité en Allemagne. 18 février 2026 Déplacement en Inde : première étape à Bombay.