Commission européenne - Discours [Seul le texte prononcé fait foi] Speech on 2nd general assembly of the CCA Creutzwald, le 29 octobre 2026 Mesdames et Messieurs, Je suis heureux et honoré d'être ici avec vous, à Creutzwald, en terre mosellane, au cœur du patrimoine industriel français et européen C'est sur le terrain que nous mesurons que derrière notre combat pour l'industrie, c'est un combat pour la vitalité de no...
Commission européenne - Discours [Seul le texte prononcé fait foi] Speech on 2nd general assembly of the CCA Creutzwald, le 29 octobre 2026 Mesdames et Messieurs, Je suis heureux et honoré d'être ici avec vous, à Creutzwald, en terre mosellane, au cœur du patrimoine industriel français et européen C'est sur le terrain que nous mesurons que derrière notre combat pour l'industrie, c'est un combat pour la vitalité de nos régions, de notre savoir-faire, de nos emplois. Un combat que nous avons commencé en janvier, à Chemelot, aux Pays-Bas, je vous disais une chose simple : la chimie est la mère de toutes les industries et l'Europe ne la laissera pas tomber Et je m'étais engagé à présenter certaines orientations stratégiques sur la base de vos travaux. Et je veux remercier ici toutes celles et ceux qui ont voulu s'impliquer dans cet effort collectif : les autorités nationales, les régions, les organisations professionnelles, les syndicats, les entreprises, mais aussi les ONG. C'est désormais à nous, pouvoirs publics, d'assurer le suivi de vos recommandations pour créer le meilleur cadre possible pour la production européenne. En phase avec tous nos objectifs, de compétitivité bien sûr, aussi de santé et d'environnement. C'est donc l'ensemble des travaux, et l'ensemble des voix de l'Alliance pour la Chimie que nous avons pris en compte. Je peux donc déjà donner ici les orientations stratégiques de la Commission européenne autour de quatre chantiers : les molécules critiques, la défense commerciale, l'investissement et les marchés de demain Commençons par les molécules critiques. Vous avez accompli un travail considérable. Ce travail est un prérequis pour le succès de l'ensemble de la feuille de route. La liste que vous avez proposée compte aujourd'hui une cinquantaine de molécules . Je comprends parfaitement pourquoi : derrière chacune d'entre elles, il y a une chaîne de valeur, des investissements et, parfois, des sites directement menacés. Votre cartographie des risques de dépendances est essentielle pour la poursuite des travaux. Notre rôle, désormais, est cibler les molécules qui sont les plus critiques afin de prioriser nos actions. Pour cela, nous attacherons une importance particulière à celles qui sont utilisées dans les secteurs stratégiques comme la défense, la santé ou encore les industries vertes. Aussi à celles qui sont considérées comme des molécules plateformes dont tant de chaines de valeurs dépendent. Cette liste devra aussi tenir compte de la diversité de notre industrie – de la chimie de base à la chimie de spécialité, des différentes chaînes de valeur – de l'amont à l'aval, et de la réalité de nos territoires. Par souci de cohérence, nous serons soucieux à ce que cette liste soit alignée avec l'implémentation de REACH, notamment sur les PFAS. Su cette base la Commission présentera donc d'ici la fin de l'année, avec l'aide du Centre commun de recherche, une liste plus resserrée. Cette liste sera, par définition, évolutive. Je veux d'ailleurs être très clair. Même si l'emploi ne fait pas partie des critères, il sera au cœur de nos actions. Nous ne faisons pas de politique industrielle dans un tableur. Les questions territoriales sont clés. Derrière une molécule, il y a un site. Derrière un site, il y a des femmes et des hommes, des savoir-faire, et parfois l'avenir industriel d'un territoire entier , souvent murales. Un autre point me paraît important. Nos travaux doivent aussi inclure les productions de demain, qui seront critiques dans l'industrie du futur. Nous proposerons donc en parallèle une démarche spécifique pour les molécules nouvelles et innovantes, à partir des travaux de cette Alliance et des propositions des États membres. Tout ce travail doit nous permettre de déployer plus rapidement nos outils : la défense commerciale, le financement et les marchés pilotes. Cette liste se veut un coupe-fil vers nos politiques de soutien industriels. Deuxième chantier : défense commerciale Le retour des rapports de force dans l'économie mondiale est une réalité. L'Europe doit se défendre. Pour la chimie, nous le faisons. L a chimie est au premier rang de nos priorités. Sur les 245 mesures de défense commerciale actuellement en vigueur dans l'Union européenne, environ 60 concernent la chimie. Avec l'acier et le fer, c'est le secteur qui compte le plus grand nombre de mesures. Treize nouvelles procédures concernant la chimie et les plastiques ont été ouvertes depuis le début de l'année. Près d'une nouvelle procédure de défense commerciale sur cinq ouverte en 2026 concerne votre secteur. Fin septembre encore, nous avons lancé de nouvelles enquêtes antidumping concernant notamment le PVC et l'aspirine. Pour que ces mesures puissent s'appliquer rétroactivement, les douaniers seront mandatés dans les prochaines semaines pour enregistrer les importations des pays concernés à l'entrée de l'Union. Lorsque les surcapacités mondiales deviennent un problème systémique pour notre industrie européenne, notre réponse doit pouvoir être plus rapide et plus large. Notamment pour notre relation vis à vis la Chine. La Chine est un partenaire économique majeur. Nous voulons continuer à commercer avec elle. Mais cette relation doit être rééquilibrée. En 2025, notre déficit commercial avec la Chine a atteint 360 milliards d'euros. Cette trajectoire n'est soutenable ni économiquement, ni politiquement, ni géopolitiquement. Ce rééquilibrage doit se faire dans les deux sens : moins d'exportations chinoises vers l'Europe là où les flux deviennent insoutenables, et davantage d'exportations européennes vers la Chine. La chimie fait pleinement partie de ce rééquilibrage. Maroš Šefčovič est à Pékin cette semaine pour poursuivre ces discussions. En parallèle de ce dialogue, nous sommes prêts à utiliser des clauses de sauvegarde ciblées sur les molécules critiques. Je mesure pleinement les difficultés auxquelles l'industrie est confrontée, et je peux vous assurer que, dès que les États membres auront transmis ces demandes, la Commission prendra rapidement les décisions nécessaires quant à l'ouverture des enquêtes concernant les plastiques (PET) et les matériaux composites (CIM). Je partage par ailleurs votre souci d'une action plus rapide de nos services. Je m'engage personnellement à continuer de me battre pour que nos services disposent des moyens nécessaires. C'est aussi l'objectif du paquet DiversifyEU , que nous voulons présenter d'ici la fin de l'année : un instrument plus réactif, capable de couvrir Il s'agira d'inciter les entreprises à diversifier leurs chaînes d'approvisionnement et réduire leurs dépendances dans les secteurs critiques. Un appel à contributions a été lancé le 29 septembre, pour quatre semaines. Je vous invite toutes et tous à y participer : votre expertise sera précieuse pour construire un instrument qui réponde à vos besoins. La chimie sera au cœur de cette stratégie : la liste de substances critiques que nous élaborons avec vous nous permettra de concentrer nos efforts là où ils seront les plus utiles. Troisième chantier : l'investissement Là encore, je veux être concret. La Commission a d'ores et déjà donné plus de flexibilités aux Etats membres pour aider directement les entreprises face aux coûts de l'énergie, dans la foulée de la crise au Moyen- Orient. Par ailleurs , l'année prochaine, à l'issue du processus législative, nous lancerons l' ETS Investment Booster , avec une mise de départ de 400 millions de quotas et d'environ 30 milliards d'euros . L'objectif est simple : mobiliser beaucoup plus rapidement des moyens pour la décarbonation et la transformation de notre industrie. Et pour la chimie, je sais que la question sera dans les détails. Décarboner un site chimique n'est pas appuyer sur un interrupteur. Il y a des investissements successifs, des technologies différentes, des étapes intermédiaires indispensables. Et pour certains procédés, le chemin passera par des sources de carbone alternatives, le captage et la réutilisation du CO ₂ . Ces étapes doivent pouvoir compter. Les termes de référence du Booster doivent encore être construits, je dirais même co- construits. Nous avons donc une fenêtre d'opportunité pour faire en sorte qu'ils correspondent à la réalité industrielle et pas à une vision théorique de la décarbonation. C'est pourquoi nous lancerons dès le 20 octobre, avec le Commissaire Hoekstra, un dialogue avec l'industrie sur la conception de cet instrument. Je veux que la chimie y soit pleinement associée. Et mon message aujourd'hui est très simple : préparez vos projets. Préparez-les maintenant. Je veux que, lorsque les financements seront disponibles, l'industrie chimique européenne soit dans les starting-blocks pour le jour J. Encore une fois, l'approche se veut pragmatique, sur la base d'une principe simple “premier arrivé, premier servi”. Là encore, nous avons entendu vos recommandations “faire vite et mieux”. Nous lancerons également en janvier un appel Horizon Europe de 265 millions d'euros pour les industries énergo-intensives, notamment pour soutenir des projets dans la circularité et la biochimie. Là encore, notre objectif doit être simple : transformer l'innovation européenne en investissements industriels européens. Plus largement, la liste des molécules critiques étayera la préparation des programmes de travail du futur fonds européen de compétitivité. Quatrième chantier : les marchés de demain Ici, nous faisons face à un défi structurel : environ 90% de la matière première utilisée par le secteur de la chimie sont importés et d'origine fossile. Nous sommes exposés et donc – comme nous le rappellent la guerre en Ukraine et la crise au Moyen-Orient - vulnérables. Dans ce contexte, la trajectoire doit être claire : il faut augmenter sensiblement la part des matières premières alternatives, en ayant recours davantage à la biomasse, aux déchets recyclés ou encore au captage de CO2. Pour cela, nous devons créer des marchés pour les produits chimiques bas carbone et issus de carbone durable. Mais nous devons commencer par définir précisément ce que c'est . Les travaux de l'Alliance n'ont pas été concluants sur ce point. C'est pourquoi nous confierons au Centre commun de recherche cette mission. Sur cette base, nous utiliserons tous les leviers à notre disposition, de l'Industrial Accelerator Act au futur Biotech Act 2. Je veux rassurer, nous associerons étroitement les utilisateurs en aval, en particulier les PME, pour que ces nouveaux débouchés restent accessibles et soutenables pour tous. Mais je veux que nous gardions une règle en tête : regarder toute la chaîne de valeur. Mesdames et messieurs, Je tiens à vous remercier pour le travail accompli et pour votre engagement au sein de l'Alliance. Nous entrons maintenant dans la phase de mise en œuvre. Elle pourra se poursuivre dans un format plus léger. L'Alliance restera utile. Et je suis certain que les occasions ne manqueront pas, tant ce secteur est stratégique pour l'Europe. Au fond, les quatre chantiers dont je viens de parler répondent à un seul même appel : celui à préserver la chimie d'aujourd'hui et construire celle de demain. C'est tout l'engagement de la Commission auprès de son industrie, mais surtout auprès des centaines de milliers de femmes et d'hommes qui comptent sur nous. Je vous remercie SPEECH/26/2298 <@rel_link@> Autres documents Discours Chimie St Avold VD.pdf