European Commission - Speech [Check Against Delivery] Opening remarks by Executive Vice-President Séjourné at the press point on the second group of strategic projects under the Critical Raw Materials Act Brussels, 9 October 2026 B onjour à toutes et à tous, Pour la quatrième fois du mandat, je reviens devant vous faire état de l'avancement de notre politique sur les matières premières critiques. Il ne s'agit pas là ...
European Commission - Speech [Check Against Delivery] Opening remarks by Executive Vice-President Séjourné at the press point on the second group of strategic projects under the Critical Raw Materials Act Brussels, 9 October 2026 B onjour à toutes et à tous, Pour la quatrième fois du mandat, je reviens devant vous faire état de l'avancement de notre politique sur les matières premières critiques. Il ne s'agit pas là d'une obsession personnelle mais bien le fruit d'une conviction profonde : la bataille pour la souveraineté industrielle et la compétitivité passe par notre résilience sur ce sujet. Aujourd'hui est donc l'occasion de vous présenter les nouveaux projets stratégiques européens et de tirer un bilan de notre action. Il y a exactement un an, nous avons fait l'expérience de cette nécessité. Le 9 octobre 2025, la Chine annonçait de nouvelles restrictions à l'exportation sur les terres rares. Ces restrictions avaient le potentiel de mettre à l'arrêt des chaînes de production entières en Europe, dans l'automobile ou pour nos éoliennes. Nous avons depuis obtenu du temps. L'entrée en vigueur de certaines de ces mesures a été suspendue. Et nous continuons à discuter avec nos partenaires chinois. Mais ce répit doit maintenant devenir une sécurité durable. La leçon du 9 octobre reste entière : la survie de nos industries doit dépendre de nos propres choix, de nos propres capacités et de notre propre puissance industrielle. Depuis ce mandat, nous avons eu à cœur de faire des objectifs de la loi sur les matières premières critiques – le CRMA – une réalité. En mars et juin 2025, je présentais déjà plus d'une cinquantaine de projets, en Europe et chez nos partenaires, pour atteindre ces objectifs. Et il y a dix mois, nous actions un changement d'échelle avec RESourceEU avec un principe simple : accélérer partout où nous le pouvions. Accélérer nos projets miniers, de transformation et de recyclage. Mobiliser plus rapidement les financements européens, nationaux et privés. Diversifier nos approvisionnements avec des partenaires fiables. Développer les achats groupés et les stocks stratégiques. Et surtout préparer la création d'un Centre européen des matières premières critiques, capable demain de suivre les marchés, d'orienter les investissements, de soutenir nos projets, de rapprocher producteurs et acheteurs et, lorsque cela est nécessaire, d'organiser des achats communs et des stocks européens. Dix mois plus tard, nous pouvons présenter de premiers résultats. Et ils sont très concrets. L'année dernière, nous avions sélectionné 47 premiers projets stratégiques dans l'Union européenne. Ces projets avancent. 26 États membres ont désormais désigné leurs points de contact uniques pour accompagner les projets. Et nous voyons aujourd'hui les premiers résultats de cette simplification. Ces projets bénéficient d'une procédure fast-track pour les autorisations. 25 ont déjà achevé leur évaluation environnementale. 17 ont obtenu leur permis de construire. Ces chiffres sont particulièrement encourageants quand on sait que seuls des nouveaux projets ou des extensions de projets ont été choisis et qu'il faut en moyenne plus de 10 ans pour les rendre opérationnels. Nous avançons aussi sur le financement. Depuis RESourceEU, plus de 2 milliards d'euros ont été mobilisés par l'ensemble des acteurs publics européens. Le Fonds pour l'innovation a déjà soutenu six projets à hauteur de 680 millions d'euros. Les États membres ont mobilisé plus d'un milliard d'euros d'aides d'État pour six projets. Et la Banque européenne d'investissement a mobilisé 660 millions d'euros pour huit projets. Enfin, nous avançons sur le sujet le plus difficile : trouver des acheteurs. Une vingtaine de projets ont déjà fait des progrès significatifs vers la conclusion de contrats d'achat. Ces projets prennent désormais corps sur le terrain. Des mines ouvrent. Des usines se construisent. Des financements sont signés. Des chaînes de valeur européennes émergent. Je veux donner trois exemples. En Finlande, Keliber est désormais opérationnel : extraction et transformation du lithium sur le sol européen. La BEI a apporté 150 millions d'euros au projet. En France, à Lacq, Carester construit une usine de recyclage des aimants et de séparation des terres rares lourdes. Elle produira notamment du dysprosium et du terbium, deux matières pour lesquelles nous sommes aujourd'hui presque totalement dépendants de la Chine. À terme, ce seul projet pourrait représenter environ 15 % de la production mondiale de ces oxydes. Et en Grèce, Metlen, dont j'avais visité la mine, produit déjà du gallium – une première en Europe. Voilà ce que signifie concrètement notre politique de souveraineté. Le statut de projet stratégique se mérite et s'accompagne de responsabilités. Nous suivons chacun de ces projets. Ils doivent continuer à remplir nos critères. Et lorsqu'un projet ne les remplit plus, nous le retirerons de la liste. Des annonces seront faites dans ce sens d'ici la fin de l'année. *** Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape. Je suis heureux de vous annoncer que la Commission européenne sélectionne 46 nouveaux projets stratégiques dans 16 États membres : en Belgique, en Bulgarie, en Estonie, en Finlande, en France, en Allemagne, en Grèce, en Italie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en Pologne, au Portugal, en Slovaquie, en Espagne, en Roumanie et en Suède. Nous avions reçu 171 candidatures. Ces nouveaux projets portent notre portefeuille européen à 93 projets stratégiques dans l'Union, auxquels s'ajoutent les 13 projets que nous avons déjà sélectionnés dans des pays partenaires. Et surtout, cette nouvelle vague montre que nous construisons une véritable chaîne de valeur européenne, de la mine jusqu'au recyclage. Parmi les 46 nouveaux projets : 8 concernent l'extraction ; 11 la transformation ; 19 le recyclage, la meilleure matière première étant celle déjà utilisée sur notre sol, et 8 sont des projets intégrés, couvrant plusieurs étapes de la chaîne de valeur. Ils concernent 15 des 17 matières premières stratégiques identifiées par l'Union européenne. Et ils répondent directement aux besoins de nos industries. Pour les batteries : huit projets sur le lithium, douze sur le nickel, dix sur le cobalt, cinq sur le manganèse, et quatre sur le graphite. Pour notre industrie de la défense et notre industrie aéronautique : avec des projets sur le magnésium et le tungstène. Et pour les aimants permanents, indispensables aux moteurs électriques, aux éoliennes et à de nombreux équipements de défense : quatre nouveaux projets sur les terres rares. Ce changement d'échelle commence à modifier très concrètement notre trajectoire pour 2030. Avec les projets sélectionnés en 2025 et en 2026, nous pourrions désormais atteindre entièrement notre objectif européen d'extraction pour le lithium, le nickel, les terres rares, le magnésium et le tungstène. Nous pourrions également atteindre notre objectif de transformation pour le lithium et les terres rares. Et notre objectif de recyclage pour le lithium, le cobalt et les terres rares. Je rappelle ces objectifs : d'ici 2030, nous voulons pouvoir extraire en Europe au moins 10 % de ce que nous consommons, en transformer 40 %, en recycler 25 %, et éviter de dépendre à plus de 65 % d'un seul pays tiers pour une matière stratégique. Il y a deux ans, beaucoup considéraient ces objectifs comme extrêmement ambitieux. Mais identifier les projets ne suffit pas. Maintenant, nous devons les faire sortir de terre et les rendre économiquement viables. C'est la prochaine étape de RESourceEU. Nous avons déjà renforcé au sein de la Commission l'équipe qui préfigure le futur Centre européen des matières premières critiques. Je tiens d'ailleurs à saluer leur travail, au plus près des besoins économiques et de la réalité des projets. Je suis fier de ce qu'ils réussissent à accomplir chaque jour dans un environnement international difficile. Demain, ce Centre doit devenir le bras opérationnel de notre politique européenne. Il devra pouvoir accompagner les projets avec les outils financiers adaptés — subventions, prêts, garanties mais aussi fonds propres — en coopération avec la BEI, les États membres et les investisseurs privés. Ce sera tout le rôle de la « corporation » annoncée par la Présidente de la Commission européenne dans son discours de l'état de l'Union. Il devra également pouvoir organiser les achats groupés et contribuer à la constitution de stocks stratégiques européens. Et notre stratégie ne s'arrête évidemment pas aux frontières de l'Union. Nous annoncerons prochainement une nouvelle série de projets stratégiques en dehors de l'Union européenne. La semaine prochaine, je serai d'ailleurs en Nouvelle-Calédonie, où je signerai un nouveau protocole d'accord pour renforcer notre coopération sur le nickel. Par ailleurs, nous travaillons en parallèle sur des stratégies de substitution, notamment via les fonds Horizon Europe. La meilleure matière première, c'est celle dont on n'a pas besoin. Mais il reste un problème essentiel. Nous pouvons financer une mine. Nous pouvons accélérer une autorisation. Nous pouvons construire une usine. Mais si personne n'achète sa production, elle fermera. C'est aujourd'hui le principal risque pour plusieurs de nos projets. Parce que nos producteurs européens font face à une concurrence souvent déloyale. Parce que certains acteurs cassent les prix pour empêcher l'émergence de concurrents. Et parce trop d'entreprises continuent à acheter moins cher ailleurs. Cela doit changer. Notre industrie doit elle aussi prendre ses responsabilités. Acheter européen lorsqu'une offre européenne existe. Et lorsque c'est impossible, acheter diversifié. Nous allons donc continuer à rapprocher producteurs et acheteurs et à favoriser les contrats d'achat de long terme. A cet égard, j'invite les co-législateurs à s'emparer des amendements qui sont sur leur table, dans le cadre de la révision de CRMA et de l'IAA, pour inciter nos industriels à acheter européen. L'instrument de diversification que nous viendrons présenter en fin d'année viendra compléter cet arsenal. Mesdames et messieurs, aujourd'hui, avec ces 46 nouveaux projets, nous franchissons une nouvelle étape. Notre objectif est simple : extraire davantage en Europe. Transformer davantage en Europe. Recycler davantage en Europe. Diversifier ce que nous devons importer. Et surtout : Garantir que notre industrie européenne puisse continuer à produire, quelles que soient les pressions extérieures. Dans un monde de plus en plus dangereux, nous voulons et nous devons être plus indépendants. C'est exactement là où nos citoyens attendent l'action européenne. SPEECH/26/2121 <@rel_link@> Press contacts: Siobhan MCGARRY (+32 2 296 47 98) Rüya PERINCEK (+32 2 299 49 03) General public inquiries: Europe Direct by phone 00 800 67 89 10 11 or by email